Exercices favorisant l’expression de l’agressivité

Il arrive qu’une personne arrive à une session de psychothérapie en éprouvant beaucoup d’agressivité. Lui proposer alors des exercices orientés vers l’abandon du contrôle neuromusculaire et le lâcher-prise peut se révéler inapproprié, trop loin de son état affectif.

Alors on peut lui suggérer une série d’exercices où elle sera encouragée à manifester un maximum de vigueur.  Après ces exercices, proposés dans la perspective d’une possible catharsis sans que cela soit nécessairement dit au client, il lui sera probablement plus facile de s’engager dans  la considération de son état en adoptant un point de vue plus favorable à la prise de conscience.

Voici donc des propositions d’exercices présentée au client comme des expériences à vivre, potentiellement sources de découvertes sur son fonctionnement personnel, sans pression indue ou “obligation morale”. Le client choisit de tenter l’expérience ou non.  Le psychothérapeute est attentif au vécu émotionnel qui peut être éprouvé durant l’exercice. Il accompagne son client dans sa démarche avec le plus d’empathie possible et l’amène à prendre conscience de ce qui se passe en lui. Du point de vue thérapeutique, les exercices ici proposés sont des moyens d’accéder à la conscience et non pas des prescriptions à suivre.

    1. Marteler le sol avec le pied droit en expirant à chaque coup, environ 10 fois. Même exercice avec le pied gauche.
    2. Avec le poing droit, puis le gauche,  frapper  une dizaine de fois un sac de frappe (“punching bag”) ou son équivalent ( par ex. un vieux coussin bien rembourré) en faisant suivre ces gestes  de coups  par le pied droit, puis le gauche. Typiquement une série de coups avec un poing ou un pied est de 10 mais on peut en réduire le nombre ou offrir à la personne de renouveler une ou des séries de son choix jusqu’à satiété.
    3. La lutte contre le monstre marin. Imaginons qu’un monstre marin surgit à quelques mètres de nous. Nous prenons une posture bien enracinée au sol, jambes légèrement fléchies, le pied gauche en avant pour les droitiers, le pied droit en avant pour les gauchers. Il s’agit d’asséner un coup de poing sur le nez du « monstre » imaginaire qui surgit du fond des profondeurs:  10 coups du poing gauche (droit pour les gauchers), 10 coups du poing droit (gauche pour les gauchers).
    4. Prenant appui sur le dossier d’une chaise il s’agit maintenant d’asséner au monstre imaginaire 10 coups de pied « poussés » (en anglais « push kicks »), avec le pied droit puis le gauche  ou inversement.
    5. Se plaçant maintenant dos au sol sur un tapis de gymnastique ou son équivalent,  asséner des coups avec les deux jambes en alternance, durant 10 secondes.
    6. Exercice final possible: le geste de la victoire. Après une ou plusieurs séries d’exercices ci-haut décrits, le client lève les bras en signe de victoire.
    7. Psychothérapeute et client s’engagent ensuite dans un retour verbal sur ce qui a été vécu.                                                                                                                                                                                                                                                                                                       Pierre Gauthier, Ph.D., psychothérapeute et formateur,. Tél.: 514-288-3216; pgauthier32@videotron.ca

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